
La séduction.
C’est comme ça depuis le début …
Toutes les créatures de Dieu cherchent à lui plaire pour obtenir la meilleure place auprès de lui.
Les enfants d’une fratrie veulent aussi avoir la première place auprès de leurs parents. Bien que cette tendance s’inverse : ce sont les parents qui séduisent leurs enfants en les couvrant de cadeaux plus techniques qu’affectifs.
Plaire, séduire, être aimé voilà une quête qui ressemble presque à une campagne électorale.
Etre élu pour penser qu’on a le pouvoir absolu alors qu’on reste prisonnier de ce challenge permanent, de son électorat, ou de nous même.
Il n’y a vraiment pas de différence entre l’élu du peuple, le leader du marché, le chef de service, le délégué de la classe et l’élu du cœur, peut-être seulement la taille des affiches.
Est-ce qu’on aime les autres quand on les supervise, est-ce qu’on aime quelqu’un quand on partage sa vie, son appartement, ses vacances ?
Que nenni, chacun est dans son univers et les intérêts des uns ne sont pas ceux des autres.
La séduction est un rite très étrange dans la faune humaine : regardez-les ces mâles qui déploient leurs attributs de séduction : voiture rutilante, moto ronflante, mobilier High-Tech, matériel I-Phone, I-Pod… aie, aie, t’a vu mon look !
Et ces filles qui se maquillent quand elles ont 15 ans pour en faire 18, et celles qui se fardent quand elles en ont 50 pour en faire 30.
Le jeune mâle sort de sa tanière (la salle de bain) où il a passé 20 minutes à enduire sa crinière de gel, le baggy flottant et tombant presqu’aux genoux, les boutons n’étant que sur le front et le menton, les pantalons ne tiennent pas tellement. De sa bouche sortent des sons bizarres, on dit qu’il chante en anglais ou en yaourt. Il va rejoindre sa meute, une bande de copains. Là il exprime son désarroi, un murmure plaintif : « ouah elle est trop bonne cette meuf, si j’aurais l’âge d’acheter des capotes, je m’la ferai bien. ». Il se console avec sa console, en attendant d’avoir une déesse, il a sa DS. Il se met deux pastilles dans les oreilles et continue à yaourter.
La petite femelle se prépare aussi pour la parade amoureuse, dans la salle de bain. Elle a parfois du mal à rentrer dans son slim, alors elle va chercher un jean bien faisandé qu’elle avait enterré dans la corbeille à linge sale, impeccablement délavé et déchiré, assorti à une tunique savamment froissée tout comme sa chevelure ébouriffée. Elle est prête à rejoindre le troupeau qui s’est entassé dans un repaire appelé 3ème B du Collège Saint-Exupéry. Quand elle n’a plus de pastilles de MP3 dans les oreilles, elle est capable d’échanger quelques bruits qui pourraient être une conversation : « ouah t’a vu la Nouvelle Star à la télé hier soir, c’était trop top. La Star’Ac c’était trop nul, je sais j’ai regardé toutes les émissions ».
Quand un petit mâle glapit quelques mots qui ont l’air drôle (il raconte des idioties), elle glousse et se tortille pour montrer qu’elle n’est pas insensible à son charme d’adolescent cucul la praline.
Les spécimens vont évoluer (enfin, il vont vieillir), ils sont en âge de se reproduire, alors là, ils vont tenter de s’accoupler, ou bien prendre un verre pour commencer… Ils s’entassent dans des endroits sombres, qui sentent les pieds et la sueur vu qu’ils ne peuvent plus fumer dans les discothèques. Des faisceaux lumineux traversent l’immense pièce, ce qu’ils entendaient dans les pastilles est maintenant décuplé, ils sautillent sur place au rythme des vibrations qui passent dans leur corps et un peu à travers les murs de la boite de nuit. Quelques signes montrent qu’il est temps d’arrêter de sautiller, les gouttes de sueur sur le front, les auréoles sous les bras… Ils vont passer à une autre étape : ils vont aller boire un coca (ou autre chose).
Je sais le suspens est à son comble, mais vous aurez la suite (peut être) un peu plus tard.




